Face au cuisant échec qu'ont essuyé les États-Unis lors de leur tentative de manipulation en Ukraine - toujours en cours - et qui leur valut la perte quasi immédiate de la Crimée au grand bénéfice de la Russie, Washington s'évertue à vouloir sauver la face de ce qui fût autrefois la première puissance mondiale, et ce, au prix d'une escalade militaire qui ne laisse rien présager de bon.

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Obama semble obstinément se borner à appliquer toujours la même tactique qui, il est vrai, fonctionna en son temps, mais qui est désormais bien connue des stratèges militaires à qui l'on apprend dès leur instruction qu'on ne doit jamais utiliser deux fois la même tactique. Habitué à ne pas rencontrer de résistance significative, le président américain n'a su que placer ses pions sur l'échiquier, représentés par les pays de l'Union Européenne chargés d'imposer des sanctions économiques à un pays dont ils dépendent énergétiquement pour la plupart. Cherchez l'erreur...
 
Vladimir Poutine, grand amateur du jeu d'échec, a de son coté placé judicieusement ses pièces maitresses, endiguant d'une part la progression de son adversaire, tout en élaborant des issues alternatives au « siège » que tentent d'élaborer Washington et ses lieutenants. La Russie et la Chine ne sont pas les plus grands amis du monde, mais ils ont en commun ce refus de plier face à l'envahisseur américain, et négocient actuellement de nouveaux traités commerciaux permettant avantageusement de contourner l'embargo économique que tente d'imposer Obama.
 
Non seulement ces traités vont avantager ces deux nations géantes, mais elles vont aussi - et c'est la que cela devient drôle - considérablement nuire à l'économie américaine déjà chancelante. Cerise sur le gâteau, la Russie et la Chine annoncent également le découplage commercial à venir du Dollar américain, ce qui signifie à court terme la fin de ce dernier. Cette perspective est certes réjouissante, mais il est certain qu'Obama ne peut pas laisser une telle chose se produire.
 
Mouammar Kadhafi et Saddam Hussein ont eux aussi voulu sortir du système « pétro-dollars », et nous savons ce qu'il leur est arrivé... J'ai cependant des doutes quant au fait que la maison blanche veuille réitérer ce type d'expérience avec Poutine ou Xi Jinping ! De plus, outre la Chine, la Russie possède d'autres amis, tels que la Biélorussie, le Kazakhstan, l'Allemagne, l'Inde, le Vietnam, la Syrie, l'Iran. (la France aussi autrefois, mais ça, c'était avant...)
 
Autre information inquiétante, la Chine semble se préparer à une guerre de grande ampleur, tout en avouant une alliance avec la Corée du Nord, qui elle même multiplie les essais nucléaires malgré les avertissements répétés de Washington. Le leader de la Corée du Nord, Kim Jong-Un, semble quant à lui posséder une haine résolument viscérale à l'encontre des États-Unis, nous démontrant à plusieurs reprises ne pas être impressionné par ceux-ci, et qu'il ne sera certainement pas le dernier à entrer tête baissée dans la mêlée en cas de conflit ouvert.

Voilà pourquoi la Corée du Nord déteste autant l'Amérique
 
Comme vous le constatez, la situation est un peu plus complexe que celle que laissent entendre les médias officiels. Pire encore, elle révèle que la direction que nous fait prendre les décideurs de l'empire américain s'avère une voie dont l'issue pourrait se révéler très dangereuse. 
 
Le veilleur
 
Obama menace la Russie et l'OTAN...

Le régime Obama a envoyé simultanément des menaces à la Russie qu'il est en train de se mettre à dos et à ses alliés européens de l'OTAN, sur lesquels il compte pour soutenir des sanctions contre la Russie. Cela ne peut que mal tourner.
 
Même les Étasuniens, qui vivent dans un environnement médiatique complètement contrôlé le savent : les Européens, les Sud-Américains et les Chinois sont furieux que la National Stasi Agency (NSA) espionne leurs communications. L'affront de la NSA contre la légalité, la Constitution des États-Unis et les normes diplomatiques internationales est sans précédent et pourtant, l'espionnage continue tandis que le Congrès se tourne les pouces et trahit le serment qu'il a fait de défendre la Constitution des États-Unis.
 
À Washington, le charabia de la branche exécutive au sujet de la « sécurité nationale » suffit pour remettre en cause la loi statutaire et les obligations constitutionnelles. Voyant que la Maison-Blanche, le Congrès et les tribunaux fédéraux sont impuissants et incapables de maîtriser l'État policier, l'Europe occidentale a décidé de créer un système de communication européen excluant les entreprises étasuniennes afin de protéger la vie privée des citoyens européens et les communications gouvernementales de la Stasi de Washington.
 
Le régime Obama, voulant désespérément s'assurer qu'aucun individu et aucun pays ne passe a travers les mailles de son filet d'espionnage, a dénoncé l'intention de l'Europe occidentale de protéger la confidentialité de ses communications comme étant une « violation des lois du commerce ».
 
Le représentant étasunien du commerce a négocié des « accords commerciaux » secrets en Europe et en Asie, immunisant les entreprises américaines contre les lois des pays qui signent ces accords. Il a brandi la menace de pénalités à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si le réseau de communications européen exclut les entreprises étasuniennes qui servent d'espions à la NSA. Dans toute son arrogance, Washington a dit à ses alliés les plus nécessaires : si vous ne laissez pas la NSA vous espionner, nous utiliserons l'OMC pour vous sanctionner.
 
Voilà. Le reste du monde a désormais la meilleure raison de sortir de l'OMC et d'éviter les « accords commerciaux » transpacifique et transatlantique. Ces accords n'ont rien à voir avec le commerce. Le but de ces « accords commerciaux » est d'établir l'hégémonie de Washington et des entreprises étasuniennes sur les autres pays. Dans une arrogante démonstration du pouvoir de Washington sur l'Europe, le représentant du commerce étasunien a averti les alliés de Washington : 
 
« Le représentant du commerce va surveiller attentivement le développement de telles propositions »
, visant à créer un réseau de communication européen séparé. Washington se fie à la chancelière allemande, au président français et au premier ministre britannique pour que la servitude envers Washington passe devant la confidentialité des communications de leurs pays.
 
Le gouvernement russe a réalisé que participer au système monétaire lié au dollar étasunien, signifie que la Russie est ouverte au pillage des banques et des entreprises occidentales ou des individus qu'elles financent, que le rouble est vulnérable à la spéculation à la baisse dans les marchés de change, et que la dépendance au système de paiement international étasunien expose la Russie à des sanctions arbitraires imposées par le « pays exceptionnel et indispensable ».
 
Pourquoi le gouvernement russe a mis tant de temps pour comprendre que le système de paiement en dollar met les pays sous la férule de Washington ? Cela est intrigant. Peut-être en raison du succès de la propagande étasunienne de la guerre froide ? Cette propagande dépeignait les États-Unis comme étant le phare, le grand expert des droits humains l'opposant à la torture, le garant de la liberté, le défenseur des petits, l'amoureux de la paix et le grand bienfaiteur du monde. Cette image a survécu même lorsque le gouvernement étasunien empêchait la montée de tout gouvernement représentatif en Amérique latine et qu'il mettait en ruine une demi-douzaine de pays en les bombardant.
 
Les Russes émergeant du communisme se sont naturellement alignés à l'image propagandiste de la « liberté étasunienne ». On a complètement négligé le fait que les États-Unis et l'Europe étaient aussi corrompus et avaient également du sang sur les mains. Durant les années de propagande antisoviétique, Washington assassinait des femmes et des enfants européens et blâmait les communistes. 
 
La vérité a vu le jour lorsque l'ancien président italien Francesco Cossiga a révélé publiquement l'Opération Gladio, une opération terroriste sous fausse bannière menée par la CIA et le renseignement italien pendant les années 1960, 1970 et 1980. Gladio ciblait des femmes et des enfants européens afin de blâmer les communistes et ainsi empêcher les partis communistes européens de faire des gains électoraux. Il s'agit de l'une des opérations sous fausse-bannière les plus connues de l'histoire, ayant entraîné des confessions extraordinaires de la part des services de renseignement italiens.
 
Maintenant que le gouvernement russe comprend que la Russie doit quitter le système du dollar afin de protéger sa souveraineté, le président Poutine a fait des accords pétroliers en roubles et sous forme de troc avec la Chine et l'Iran. Cependant, Washington s'oppose à ce que la Russie abandonne le système de paiement international en dollar. Zero Hedge, une source d'information plus fiable que les médias écrits et audio-visuels étasuniens, rapporte que Washington a menacé la Russie et l'Iran que tout accord pétrolier conclu dans une autre devise que le dollar mènerait à des sanctions des États-Unis.
 
L'objection de Washington à l'accord irano-russe a clairement démontré à tous les gouvernements que Washington utilise le système de paiement international basé sur le dollar comme moyen de contrôle. Pourquoi des pays devraient accepter un système international de paiement qui empiète sur leur souveraineté ? Que se passerait-il si au lieu d'accepter passivement le dollar comme moyen de paiement international, les pays le laissaient tout simplement tomber ? 
 
La valeur du dollar s'effondrerait ainsi que le pouvoir de Washington. À titre de réserve monétaire mondiale, le dollar confère à Washington le pouvoir de payer ses factures en imprimant de l'argent. Sans ce pouvoir, les États-Unis ne pourraient pas maintenir leur posture militaire agressive ou leurs pots-de-vin aux gouvernements étrangers pour donner leurs ordres.
 
Washington ne serait qu'un autre empire déchu, dont la population a de la difficulté à joindre les deux bouts, alors que le 1%, comprenant les méga-riches, fait concurrence avec ses yachts de 200 pieds et ses fontaines à 750.000 dollars. L'aristocratie et les serfs. Voilà ce que sont devenus les États-Unis, retournés à l'ère féodale.
 
Ce n'est qu'une question de temps avant que l'on reconnaisse universellement que les États-Unis sont un État failli. Espérons qu'on le réalise avant que les arrogants habitants de Washington ne fassent exploser le monde à la poursuite de l'hégémonie.
 
Les actions provocatrices de Washington contre la Russie sont inconscientes et dangereuses. Le gouvernement russe trouve suspect le déploiement de forces aériennes, terrestres et navales de l'OTAN aux frontières de la Russie, en violation du traité Russie-OTAN de 1997 et de la convention de Montreux, surtout parce que ce déploiement est justifié par les mensonges voulant que la Russie soit sur le point d'envahir la Pologne, les États baltes et la Moldavie, en plus de l'Ukraine.
 
Ces mensonges sont évidents. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a demandé des explications à l'OTAN déclarant : 
 
« Nous attendons non seulement des réponses, mais des réponses entièrement basées sur le respect des règles sur lesquelles nous nous sommes entendus. »
Anders Fogh Rasmussen, la marionnette de Washington installée à la tête de l'OTAN comme homme de paille, n'est pas plus en charge de l'OTAN que je ne le suis. Sa réponse accroîtra certainement les craintes des Russes. Rasmussen a en effet rejeté la demande d'explication du ministre russe la qualifiant de « propagande et de désinformation ».
 
De toute évidence, nous sommes témoins de tensions croissantes causées par Washington et l'OTAN. Ces tensions s'ajoutent à celles qui se faisaient sentir depuis le coup d'État de Washington en Ukraine. Ces actions imprudentes et dangereuses ont totalement détruit la confiance du gouvernement russe en l'Occident et nous conduisent vers une guerre mondiale.
 
Les manifestants de Kiev, appelés à descendre dans les rues par les ONG de Washington, n'ont pas réalisé que leur stupidité a mis le monde sur la voie de l'apocalypse. (Des milliers de militants et d’ONG crédules ont violé la souveraineté des peuples avec le sourire béat de la bonne conscience.)
 
Par Paul Craig Roberts - Article original en anglais: Obama Issues Threats To Russia And NATO, publié le 7 avril 2014 - Traduction Mondialisation.ca
 
Washington menace la Russie, mais aussi la Chine
 
L'année 2014 ne sera pas celle de la paix. L'ONU n'a plus de raisons d'être et l'escalade continue. Mis à mal dans la région centrale du monde, en Asie et au Pacifique et ailleurs, les Etats-Unis d'Amérique estiment qu'ils n'ont plus rien à perdre à déclencher un conflit global pour éviter la perte de leur suprématie. Les récentes menaces du Secrétaire d'Etat à la Défense (ministre de la guerre) des Etats-Unis à l'égard de la Russie et de la Chine sont édifiantes à ce sujet. Mais n'étonnent guère.
 
La Russie joue en Europe orientale et au Levant. L'Ukraine et la Syrie. En face, Washington mobilise son outil, l'Otan. En vain pour l'instant. Les russes ont démontré une grande maîtrise stratégique et face au pressing US, ils savent que la meilleure défense est l'attaque. L'Ukraine orientale sera russe ou une zone tampon mais ne sera pas à l'Otan. Tout dépendra des capacités russes en matière de contre-ingénierie sociale par le chaos et à stopper le flux des «contractors » financés par les grosses multinationales du complexe militaro-industriel US.
 
En Syrie, le gouvernement du Président Bashar Al-Assad a réussi à mettre en échec la dernière offensive malgré l'appui intéressé de nouveaux pays éloignés (en Asie du Sud) aux rebelles en plus de ceux de l'Otan. L'économie de la Syrie, mise à terre par l'une des plus féroces guerres économiques de l'histoire contemporaine, tient toujours. Cependant, c'est la restructuration de l'armée syrienne et la ténacité de son commandement qui narguent Washington et son commanditaire, Israël. Ces derniers savent que la Syrie bénéficie de l'appui russe et ...chinois. Car si les premiers  ne cachent rien, les seconds ne divulguent rien mais n'agissent pas moins et efficacement. Les deux tiers des munitions courantes de l'armée syrienne viennent de Chine via la Russie, l'Iran et l'Irak.
 
En Asie-Pacifique, Washington est exaspéré. Surtout en apprenant que la Chine se prépare fiévreusement à une guerre d'une très grande ampleur. Conscients des enjeux et des menaces auxquelles ils font face, les chinois n'ont rien dit. Ils viennent de modifier certains segments de leur économie pour l'adapter à une situation de conflit permanent générant des pénuries sur le long terme. Leur armée travaille d'arrache-pied à créer une seconde armée fantôme dénommée l'armée du second jour. Pékin utilise désormais à visage découvert son allié Nord-Coréen face aux menaces américaines d'un encerclement et d'un isolement via la création de blocs constitué par les Etats vassaux (Corée du Sud, Japon, Philippines, etc.)
 
Demeure l'Europe oubliée où les médias ne servent plus qu'à relayer la propagande US dans le cadre des préparatifs de cette guerre. Décidément, l'année 2014 est celle de tous les dangers...
 
Strategika51