Marasine

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Alep / Mossoul, deux offensives, deux vérités

Il est vrai qu'à Alep, ce sont les Al Nusra et leurs alliés, alors qu'à Mossoul ... c'est Daesh. Ca change tout, les gens meurent ... différemment:

Posted: 24 Oct 2016 03:21 AM PDT

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Après une pause humanitaire de trois jours à Alep, pendant laquelle les groupes terroristes ont pris la population en otage pour l'empêcher de sortir et ont empêché la Croix rouge d'évacuer les blessés, l'armée syrienne a lancé une grande offensive vers le sud-ouest de la ville, alors que des renforts terroristes étaient arrivés. 
 
Evidemment, J.-M. Ayrault ne peut s'empêcher de faire de grandes déclarations dans la presse, il est vrai que les investissements de la coalition américaine sont en périls si les groupes terroristes modérés perdent la ville. Difficile de ne pas faire de parallèle avec Mossoul.
Et la différence est évidente: la bataille de Mossoul est a priori annoncée comme héroïque, les victimes sont collatérales et la victoire hollywoodisée en directe sur les chaînes américaines; alors qu'Alep ... Ah Alep ... est une ville victime d'Assad, tenue par les gentils terroristes pro-occidentaux d'Al Nusra qui tentent de se battre contre l'opresseur légitime soutenu par les russes et cette bataille est donc bien à priori un crime de guerre. 
 
La pause humanitaire d'Alep a pris fin le 22 octobre au soir. Immédiatement, le ministre français des affaires étrangères, J.-M. Ayrault, a repris son bâton de pèlerin, appelant la sacrosainte communauté internationale "à tout faire pour arrêter le massacre" d'Alep. Cette déclaration ne présenterait pas un grand intérêt, ni une grande originalité, si l'on n'y retrouvait pas une plainte quelque peu amusante au regard du massacre qui est en train de se passer à Mossoul et dans les environs:
"Nous sommes à 150 km, peut-être, pas plus loin, d'Alep. Et en ce moment les bombardements, les tirs d'artillerie continuent de détruire cette ville et de massacrer la population d'Alep"
Le nombre de kilomètres ne change pas grand chose à la situation, à moins que la distance avec Mossoul ne brouille les images ... et la perception de la situation.
 
Il est vrai qu'à Alep, ce sont les Al Nusra et leurs alliés, alors qu'à Mossoul ... c'est Daesh. Ca change tout, les gens meurent ... différemment:
  • Alep, les groupes terroristes modérés prennent les civils en otage pour se protéger des bombardements et lorsqu'ils veulent partir, ils les fusillent. 
  • Mossoul, les groupes terroristes non modérés prennent les civils en otage pour se protéger des bombardements et lorsqu'ils veulent partir, ils les fusillent. 
La différence saute au yeux et justifie totalement la différence de traitement de la situation pour la coalition américaine.
 
Ainsi, ces 20 et 21 octobre à Mossoul, 300 personnes furent fusillées, les corps regroupés au buldozer et enterrés dans une fosse commune. Ils ne servaient à rien puisqu'ils ne voulaient pas servir de rempart humain aux terroristes. La coalition américaine devant avant peur de faire des victimes civiles et devant alors retenir ses tirs. Ici, les terroristes se trompent, Mossoul doit tomber, si ce n'est avant les élections américaines, du moins l'avancée doit être significative et à Paris les intéressés se regroupent déjà en conférence pour préparer "l'après", savoir que faire de la peau de l'ours encore bien vivant. Le prix des vies humaines ici n'a aucune importance, ce ne sont pas des civils, mais des dégâts collatéraux.
Et la coalition tire à l'aveugle, peu importe qu'il y ait ou non des civils, de toute manière il en reste environ 1 million. Autrement dit, si elle ne veut pas faire de victimes civiles, elle ne doit pas tirer. Or, elle tire. Et de manière très aléatoire, même en dehors de la ville: sur une procession funéraire le 21 octobre à Dakuk (démenti par les forces américaines - ils ont dû se bombarder tout seul, de désespoir) faisant des dizaines de victimes dans un village sans aucun terroristes situé à plus de 30km au sud de Kirkuk, là où les extrémistes ont lancé une contre-offensive pour perturber l'avancée vers Mossul. Ils ont pris une partie de la ville, libéré la prison et enrôlé les prisonniers. L'on compte déjà au minimum 80 morts et 170 blessés.
 
Chacun est d'accord pour parler de la catastrophe humanitaire qui s'installe à Mossul, mais pour autant personne ne demande d'interrompre l'assaut de la ville. Ville qui doit être le trophée de la coalition pour contrer la campagne russe en Syrie. Pour les anglophones, petit parallèle:
 
Mais ce qui donne la dimension de ce qui se passe à Mossoul, ce sont les images satellites. L'importance de la fumée qui recouvre la région fait réfléchir aux conditions de survie pour les civils, dont manifestement tout le monde se moque :
 
 
L'Occident préfère en effet se focaliser sur Alep et le combat contre Al Nusra, qu'il faut bien sauver des griffes de l'aviation russe. Comme le précise le ministère de la défense russe, selon les dernières estimations, lors de la pause humanitaire, les groupes terroristes en ont profité pour regrouper des forces en vue d'une attaque de la ville. Il s'agit de plus de 1200 hommes avec des tanks et de l'artillerie.
 
Ainsi, à la fin de la pause humanitaire, dès le 23 à l'aube l'armée syrienne a repris l'initiative et lancé une offensive de grande envergure: tous les groupes terroristes qui voulaient partir ont eu le temps de le faire, ceux qui voulaient déposer les armes également, ne restent que ceux qui veulent se battre et prennent la population civile en otage, qu'il faut libérer. Avec le soutien de l'aviation et de l'artillerie, l'armée d'Assad, avec l'aide du Hezbollah libanais avance malgré de durs combats.
 
 
Et ce combat porte ses fruits: 
«L'armée syrienne a entièrement repris le contrôle de l'unité militaire de défense aérienne dans le sud d’Alep, à la suite de violents combats avec les forces terroristes», a signalé, le 23 octobre, une source militaire syrienne à l'agence russe Sputnik.
Pendant ce temps-là, les groupes terroristes sont très actifs dans la région d'Alep:
 
Dans la province d’Alep, les groupements terroristes ont tiré aux systèmes LRM improvisés, aux mortiers et armes d’infanterie contre les cités Chourfa, Al-Khader, Bakirtaia, Beniamine; dans la ville d’Alep - les quartiers Ramoussi, al-Macharka,  «3000», al-Khalidia, «1070», Khai-al-Ansari, Khai-al-Antari, l’usine de ciment, le centre de commerce «Kastello»; le point de contrôle №1 près de la route de Kastello, le point de contrôle № 1 dans le quartier Boustan-Bacha, les points de contrôle №5 et №6 dans le quartier Cheikh-Khader, le point de contrôle № 8  près de la cité Bakirtaia, la partie de la route près de la cité Aradou-Zeïdoune.
Les accusations vont continuer à pleuvoir sur la Russie. Mais finalement, comme l'histoire l'a démontré de manière constante: l'on ne juge pas les vainqueurs. C'est peut être la raison pour laquelle l'Occident a tellement peur de perdre cette guerre. 


25/10/2016
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