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Assad s'en prend à l'idéologie saoudienne qui "menace le monde"

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Le président syrien Bachar el-Assad a déclaré en recevant mercredi à Damas le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif que l'influence politique et religieuse de l'Arabie saoudite représentait "une menace pour le monde".

 

"Le président Assad prévient (...) de la menace que représente la pensée wahhabite pour le monde, pas seulement pour la région", a affirmé la télévision officielle, en référence à cette doctrine religieuse sunnite développée en Arabie saoudite et qui prône une interprétation rigoriste, littérale, du Coran. "Le peuple syrien et d'autres peuples dans la région savent combien la menace posée par le wahhabisme est sérieuse, et tout le monde doit contribuer à la lutte contre le wahhabisme et à son éradication", a affirmé le président Assad.

 

L'Arabie saoudite est un soutien clé des rebelles qui luttent contre le régime Assad depuis mars 2011, tandis que l'Iran chiite soutient Damas.

Le chef de la diplomatie iranienne est arrivé mercredi matin à Damas en provenance d'Amman, dans le cadre d'une tournée dans la région avant la tenue d'une conférence de paix -dite Genève II- prévue le 22 janvier et censée trouver une issue à la guerre en Syrie, qui a fait plus de 130.000 morts en près de trois ans selon une ONG.

 

Le ministre, cité par l'agence officielle syrienne Sana à son arrivée à Damas, a affirmé que l'objectif de sa visite était "d'aider à ce que la conférence de Genève II débouche sur des résultats qui servent les intérêts du peuple Syrien". Il a ajouté qu'il cherchait également à "coordonner les positions et à oeuvrer afin de rétablir la sécurité en Syrie", appelant "toutes les parties à lutter contre l'extrémisme et le terrorisme, qui sont une menace pour nous tous".

 

La conférence de presse du ministre iranien prévue dans l'après-midi a toutefois été annulée, selon une source diplomatique. M. Zarif avait affirmé lundi à Beyrouth que les pays qui cherchaient à écarter l'Iran de Genève II le regretteraient.

 

Mort d'un émir de Daech


Sur le terrain, des rebelles syriens ont tué mercredi un chef jihadiste au 13e jour de leur offensive visant à déloger un groupe lié à el-Qaëda de provinces du nord du pays. Le soulèvement contre le président Assad s'est transformé en un conflit de plus en plus complexe, avec outre des combats entre régime et rebelles qui veulent sa chute, des affrontements entre rebelles et jihadistes venus en grande partie de l'étranger.

L'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, ou Daech), lié à el-Qaëda, fait face depuis début janvier à une offensive de coalitions de rebelles islamistes et modérés. Ces derniers, excédés par les exactions attribuées à l'EIIL et sa volonté d'hégémonie, ont retourné leurs armes contre leur ex-allié dans la lutte contre le régime, dans les zones sous leur contrôle dans le nord du pays.

 

(Lire aussi : Réfugiés : Mikati propose la création de camps en Syrie)

 

"L'émir de l'EIIL à Saraqeb (dans la province d'Idleb) Aboul Baraa a été tué par balles ce matin", a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire Syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Des rebelles ont pris position dans un immeuble et tiré sur son convoi après s'être infiltrés dans la localité de Saraqeb, un bastion de l'EIIL, selon l'ONG. "Des centaines de combattants de l'EIIL se trouvent toujours à Saraqeb", a précisé M. Abdel Rahmane.

 

Aboul Baraa, un jihadiste belge d'origine arabe, avait menacé la semaine dernière les rebelles d'attaques suicide s'ils ne cessaient pas leur offensive. Depuis, des attentats suicide ont été lancés à Alep, Idleb et Raqa faisant des dizaines de morts parmi les rebelles. Plus de 700 jihadistes et rebelles ont été tués dans les combats depuis le début de l'offensive rebelle le 3 janvier, selon l'OSDH.

 

Cette offensive vise à déloger les jihadistes de leurs positions dans les provinces d'Alep et d'Idleb, alors que l'EIIL a repris quasi-totalement la province de Raqa.
Selon l'OSDH, l'EIIL a libéré à Raqa des dizaines de rebelles capturés lors des combats ces derniers jours.

 

Schisme ?


Face à la montée de l'extrémisme dans son pays, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad, a, par ailleurs, fait état sur la BBC d'un "schisme" entre les services de renseignements occidentaux et les dirigeants politiques de ces pays sur l'attitude à adopter vis-à-vis des combattants islamistes en Syrie.

 

"De nombreux" services de renseignements occidentaux "se sont rendus à Damas", a affirmé M. Mekdad dans une interview accordée à la BBC qui en a diffusé des extraits. "Beaucoup de pays nous ont contactés pour coordonner des mesures de sécurité", a-t-il poursuivi sans préciser le nom des pays en question.


"Quand vous voyez ces pays réclamer une coopération sur la sécurité, il me semble qu'il y a un schisme entre la direction des services de renseignements et les responsables politiques", a conclu le vice-ministre syrien des Affaires étrangères.

 

La BBC cite des "sources informées" pour indiquer que des représentants des services de renseignements américain, britannique et allemand se seraient rendus à Damas "non seulement pour discuter de la détention de ressortissants étrangers mais aussi pour parler de sujets plus larges relatifs à la sécurité", et notamment de la menace croissante que représentent les combattants islamistes. Elle souligne toutefois qu'il est très difficile de confirmer la réalité et l'étendue de tels contacts.

 

Le ministère britannique des Affaires étrangères s'est refusé mercredi à toute réaction, expliquant à l'AFP "ne pas faire de commentaires relatifs aux questions de renseignements".

 

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17/01/2014
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