Le ministre russe des Affaires étrangères a exclu l'existence, présente ou future, d'un plan B concernant le règlement de la crise en Syrie, contrairement à ce qu'a commenté John Kerry, qui a prévu la partition de la Syrie en cas d'échec. 


Le misnistre russe des affaires étrangères, le gentleman Sergueï Lavrov

Commentaire : Les États-Unis mènent toujours leur politique diplomatique avec ambiguïté alors que les Russes sont très clairs dans leurs actions et leur paroles. Cette ambiguïté est aussi propice à la manipulation. Il faut constamment lire entre les lignes et observer les actions menées par les deux protagonistes. Les paroles ne sont pas suffisantes. Ce sont les faits qui comptent. 


« On a tout dit sur ce plan B : il n'y en a pas, et il n'y en aura pas. Personne [ni la Russie, ni les États-Unis] ne l'envisage », a martelé Sergueï Lavrov, en répondant à la question des journalistes lui demandant de commenter la proposition des États-Unis sur les différents scénarios possibles pour l'avenir de la Syrie. 

Le 22 février, les présidents russe et américain ont annoncé qu'un accord sur un plan de paix en Syrie avait été atteint. Le cessez-le-feu entre les troupes militaires syriennes et les groupes d'opposition entrera en vigueur le 27 février. Cependant, cet accord ne s'applique pas à l'État islamique et au Front al-Nosra. Vladimir Poutine a déclaré que ces organisations terroristes seraient prises pour cible jusqu'à leur anéantissement complet. 


Le 23 février déjà, le secrétaire d'État John Kerry avait annoncé que les États-Unis discutaient d'un soi-disant plan de sauvegarde qui pourrait avoir des conséquences, notamment sur la fin de l'unité de la Syrie. « Si nous attendons plus longtemps, il risque d'être trop tard pour conserver l'unité de la Syrie », a-t-il déclaré devant la commission du Sénat américain. Dans ce plan alternatif, John Kerry n'a pas écarté le renforcement de l'engagement militaire américain en Syrie. 

La Russie et la Syrie ont réagi négativement à cette proposition ambiguë. Ainsi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov a déclaré que Moscou ne prévoyait aucun plan alternatif.
« Nos partenaires occidentaux nous rendent perplexes, notamment les États-Unis, qui mentionnent l'existence d'une sorte de plan B », a-t-il indiqué. Quant à Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, il a déclaré que la priorité russe restait de « réaliser le plan, l'initiative exprimée par les deux présidents ».
Damas n'est pas non plus au courant du plan B américain, a déclaré un conseiller du président syrien Bachar el-Assad, Bouthaina Shaaban. «Je ne sais pas si ces déclarations ont été faites pour exercer une pression. De toute façon, aucune pression n'a besoin d'être exercée sur le gouvernement syrien, qui est d'accord avec l'initiative russo-américaine», a-t-il dit.