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Tony Blair persiste et signe. Face à l’avancée des djihadistes en Irak, l’Ouest doit intervenir. Dans une série d’interviews télévisées dimanche, l’ancien premier ministre britannique a appelé à des frappes aériennes pour contrer l’EILL (Etat islamique en Irak et au Levant). «Ils vont nous entraîner là-dedans, qu’on le veuille ou non», a-t-il déclaré.
 
Mais c’est en assurant que ces développements récents n’avaient rien à voir avec l’opération américano-britannique contre le régime de Saddam Hussein en 2003 que l’ancien chef du Labour a déclenché les foudres de responsables politiques, y compris de son propre camp. Selon une curieuse réécriture de l’histoire, Blair estime que le printemps arabe aurait de toute façon renversé le régime de Saddam Hussein et entraîné la guerre civile en Irak.
 
«La guerre en Irak a été une erreur tragique»
Le maire de Londres, Boris Johnson, conclut dans sa chronique hebdomadaire dans le Daily Telegraph que «Tony Blair est devenu fou». Ses déclarations présentent un tel «décalage avec la réalité qu’il a certainement besoin d’une aide psychiatrique professionnelle», raille l’élu conservateur pour qui «la guerre en Irak a été une erreur tragique».
 
C’est ce précédent qui a conduit le Parlement britannique à refuser le principe d’une opération militaire en Syrie, réclamée par David Cameron, à la fin de l’été dernier. Une faute, selon Tony Blair, qui a conduit à la progression de l’EILL. Pour le député conservateur John Baron, fer de lance du refus d’intervenir en Syrie, «armer les rebelles ou intervenir militairement en Syrie aurait renforcé les factions extrémistes liées à al-Qaida ; nous avons eu raison de ne pas y aller».
 
L’ancien premier ministre n’est plus guère écouté
 
Ex-vice-premier ministre de Blair, John Prescott juge que son ex-patron a eu «absolument et durablement tort, tort et encore tort» sur cette question. L’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Mark Malloch Borwn, lui, enjoint Tony Blair de «garder le silence». S’il s’exprime régulièrement de façon calculée, l’ancien premier ministre n’est plus guère écouté en Grande-Bretagne.
Rare voix à la défendre, l’actuel ministre des Affaires étrangères, William Hague, qui avait soutenu l’invasion de l’Irak en 2003, estime que «ce n’était pas une erreur». «Il est possible d’argumenter qu’une intervention occidentale aggrave les problèmes et il est possible d’argumenter que l’absence d’intervention occidentale aggrave la situation», relativise-t-il. Tout en précisant que le Royaume-Uni «ne prévoit pas d’intervention militaire dans la situation actuelle».
 
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