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SYRIE : LA DÉROUTE TOXIQUE. L'ATTAQUE SUR IDLIB C'EST À NOUVEAU LE COUP DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVES ! POURQUOI VOUS NE VOUS EN RENDEZ PAS COMPTE ?

Pepe Escobar

« Ces actes barbares du régime Assad ne peuvent pas être tolérés ». Ainsi a parlé le président des États-Unis. 
© Inconnu
Traduction immédiate : Donald Trump - et/ou les agences soupes aux lettres de renseignement américaines, sans enquête ou détails - sont sûrs que le ministre de la Défense russe leur ment, tout simplement. C'est une accusation grave. Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général-major Igor Konashenkov, a apporté des informations « totalement objectives et vérifiées » sur une frappe des forces aériennes syriennes contre un hangar de « rebelles modérés », à l'est de Khan Cheikhoun, qui leur servait à produire et stocker des cartouches de gaz toxique. 

Konashenkov a ajouté que les mêmes produits chimiques avaient été utilisés par des « rebelles » à Alep à la fin de l'année dernière, d'après l'analyse d'échantillons recueillis par des experts militaires russes. 

Malgré tout, Trump s'est senti obligé de télégraphier ce qui est aujourd'hui sa ligne rouge en Syrie ; « Militairement, je n'aime pas dire ce que je vais faire ou quand. Je ne dis pas que je vais faire quelque chose ou pas, mais je ne vais certainement rien vous dire » [aux médias]. 

A ses côtés sur la pelouse de la Maison-Blanche, l'affligeant roi Playstation de Jordanie a félicité Trump pour son « approche réaliste des défis de la région. » 

Cela ressemble à s'y tromper à un sketch de Monty Python. Malheureusement, c'est la réalité. 

Ce qui est en jeu à Idlib 

L'hystérie est donc déclenchée - encore une fois - , l'opinion publique a commodément oublié que les armes chimiques détenues par Damas avaient toutes été détruites en 2014 à bord d'un navire américain, rien de moins, sous supervision de l'ONU.


Et l'opinion publique a commodément oublié qu'avant la ligne rouge théoriquement dépassée de Barack Obama sur les armes chimiques, un rapport secret des renseignement avait indiqué de façon très claire que le Front al-Nosra, alias Al-Qaïda en Syrie, maîtrisait les techniques de fabrication du gaz sarin et pouvait en produire en grande quantité.


Sans même parler du pacte secret de 2012 entre l'administration Obama et ses alliés, la Turquie, l'Arabie Saoudite et le Qatar, pour lancer une attaque au gaz sarin et en rejeter la responsabilité sur Damas, et planter le décor pour un remake de « Choc et effroi. » Les financements du projet venaient de la connexion OTAN-Conseil de coopération du Golfe ajoutée à la connexion CIA-MI6, alias la « ratline » qui avait permis de transférer toutes sortes d'armes de Libye jusqu'aux salafistes-djihadistes en Syrie. 

Ainsi, ces armes toxiques, qui avaient « disparu » - en masse - des arsenaux de Kahdafi en 2011 se sont retrouvés à renforcer al-Qaïda en Syrie (pas l'État islamique/Daech), rebaptisé entre-temps Jabhat Fatah al-Sham et généralement décrit à Washington comme des « rebelles modérés ». 

Coincés dans la province d'Idlib, ces « rebelles » sont aujourd'hui la principale cible de l'armée arabe syrienne et des forces aériennes russes. Damas et Moscou, au contraire de Washington, sont déterminés à annihiler toute la galaxie salafiste-djihadiste, pas uniquement Daech. Si l'armée arabe syrienne continue à avancer, et si ces « rebelles » perdent Idlib, le jeu est fini. 

C'est pourquoi l'offensive de Damas doit être traînée dans la boue, sans le moindre scrupule, au vu et au su de l'opinion publique mondiale. 

Pourtant, que Damas lance une attaque au gaz contre-productive et se mette à dos l'ensemble de l'OTAN juste deux jours avant une autre conférence internationale sur la Syrie, et immédiatement après que la Maison-Blanche ait été forcée d'admettre que « le peuple syrien devrait choisir son destin » et que le mantra « Assad doit partir » est périmé et bon à jeter, ne tient pas debout une seule seconde. 

Cela ressemble beaucoup plus au tsunami de mensonges qui annonçait la campagne militaire « Choc et effroi » de 2003 en Irak, et ressemble certes de très près au retour en mode turbo d'une campagne « al-CIAda ». Le Front al-Nosra n'a jamais cessé d'être le chouchou de la CIA dans son scénario de changement de régime en Syrie. 

Vos enfants ne sont pas assez toxiques 

L'ambassadrice de Trump à l'ONU, le produit de l'Heritage Foundation (think tank néoconservateur de Washington), est comme prévu devenue folle de rage, et a monopolisé les gros titres occidentaux. Perdu dans l'oubli, également de façon prévisible, l'ambassadeur adjoint russe à l'ONU, Vladimir Safronkov, a pulvérisé « l'obsession occidentale du changement de régime » en Syrie, qui est « ce qui handicape ce Conseil de sécurité ». 

Safronkov a souligné que l'attaque chimique à Idlib était basée sur des « rapports faussaires des Casques blancs », une organisation « discréditée depuis longtemps ». C'est un fait ; mais aujourd'hui, les Casques blancs sont oscarisés, et cette marque honorifique de la pop culture les rend inattaquables. Sans même parler de leur nouvelle immunité aux effets du gaz sarin. 


Quelle que soit la réponse de Trump et du Pentagone, un analyste indépendant américain des renseignements qui n'aime pas la pensée unique, est sûr de lui ;
« toute attaque aérienne contre la Syrie demanderait une coordination avec la Russie, et la Russie n'autorisera aucune attaque aérienne contre Assad. La Russie a des missiles défensifs en place pour bloquer l'attaque. Cela va être négocié. Il n'y aura pas d'attaque, puisqu'une attaque pourrait précipiter une guerre nucléaire. »
Les « enfants de Syrie » morts sont aujourd'hui les pions d'un jeu beaucoup plus étendu et pervers. Le gouvernement des USA a bien pu tuer un million d'hommes, de femmes et d'enfants en Irak - il n'y a eu aucune protestation majeure parmi les « élites » des pays de l'OTAN. Une criminelle de guerre américaine toujours libre a déclaré, devant les caméras, que le meurtre direct et indirect de 500 000 enfants irakiens par les USA était « justifié ». 

Pour sa part, le Prix Nobel de la Paix Barack Obama a instrumentalisé la maison des Saoud pour qu'elle finance - et arme - quelque chose comme 40 groupes de « rebelles modérés » triés sur le volet par la CIA. Plusieurs de ces groupes s'étaient déjà intégrés à, ou étaient absorbés par le Front al-Nosra, aujourd'hui rebaptisé Jabhat Fatah al-Sham. Et ils ont tous massacré des civils. 

Pendant ce temps, le Royaume-Uni continue joyeusement à armer la maison des Saoud dans sa soif de réduire le Yémen à un vaste terrain vague ravagé par la famine et ponctué de cimetières pleins de « dommages collatéraux ». Les pays de l'OTAN ne pleurent certainement pas sur ces enfants morts yéménites. Ils ne sont pas assez toxiques. 

Traduction Entelekheia
 

L'ATTAQUE SUR IDLIB C'EST À NOUVEAU LE COUP DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVES ! POURQUOI VOUS NE VOUS EN RENDEZ PAS COMPTE ?

 Hillary sort de son trou pour appeler les États-Unis à détruire les bases aériennes d'Assad.

Trump obéit et fait tirer 59 missiles Tomahawk sur une base aérienne syrienne

© Jim Lo Scalzo / Associated France Presse
Vendredi 7 avril, la méchante sorcière de l'Ouest a fait une apparition au Women of the World Summit à New York. Invoquant les puissances des ténèbres, elle leur a demandé de s'abattre sur la Syrie pour un sacrifice sanglant destiné à apaiser la soif de sang des dieux. Bon, ce n'est pas tout à fait cela, mais ça y ressemble. Il s'agissait d'Hillary Clinton, qui s'est exprimée en ces termes :
« Assad possédait une armée de l'air, et cette armée est à l'origine de la mort de la plupart des civils que nous avons pu observer au fil des années, et comme nous l'avons vu au cours des derniers jours. Je pense vraiment que nous aurions dû, et que nous devrions, éliminer ses bases aériennes, et l'empêcher de les utiliser pour bombarder des innocents et de les attaquer au gaz sarin », a-t-elle déclaré, s'alignant ainsi avec la position des architectes de la Guerre en Iraq tels que Bill Kristol et des néoconservateurs tels que le sénateur républicain John McCain. 

Eh bien, il semble que Trump ait obéi à cette demande. Les individus de la même engeance que Clinton, McCain et les autres malades assoiffés de sang officiant au sein du lobby va-t-en-guerre de Washington sont plus que ravis, à n'en pas douter. Mais commençons par le commencement : quelle est la teneur de ces informations ? 

Les États-Unis ont lancé 59 missiles de croisière sur la base aérienne d'Al Shayrat à Homs, détruisant des avions et des infrastructures, dont la piste d'atterrissage, la tour de contrôle, des hangars et des zones de stockage de munitions. Mais pas d'inquiétude, « personne n'a été pris pour cible », a déclaré un officiel américain à NBC. Si c'est vraiment le cas, nous le saurons bien assez tôt. Ils disent également que les Russes ont été prévenus à l'avance des frappes, et qu'aucun dispositif russe n'a été pris pour cible, ce qui pourrait expliquer pourquoi, apparemment, aucun système de défense anti-missile n'a été activé. (Les missiles ont été tirés depuis la Méditerranée entre 20h et 21h Heure de l'Est.) Trump a confirmé qu'il avait ordonné l'attaque et a réaffirmé sa croyance en la responsabilité du gouvernement syrien dans l'attaque chimique d'Idlib. 

C'est la première action militaire directe de la part des Américains contre le gouvernement et l'armée syriens depuis le début de la guerre sale contre la Syrie. Jusque-là, les États-Unis s'étaient contentés d'envoyer les terroristes commettre des massacres à leur place (ou bien de bombarder les forces syriennes « accidentellement »). Il va sans dire qu'il s'agit d'un acte de guerre, au cas où le gouvernement syrien choisirait d'y répondre en ces termes. L'article de CNN ajoute :
Trump a rencontré le Conseil de sécurité nationale avant son dîner avec le président chinois Xi Jinping à Mar-a-Lago ce jeudi, et a décidé de donner le feu vert à la plus grosse opération militaire de sa présidence, a déclaré un responsable du gouvernement. 

Trump dînait avec le président Xi pendant que les frappes se préparaient. 

Le secrétaire à la Défense James Mattis a tenu Trump informé de l'avancée des opérations en Syrie après son dîner avec Xi, d'après un représentant américain. 

Mattis, le Secrétaire d'État Rex Tillerson et le conseiller en sécurité nationale de Trump, le général H.R. McMaster, se trouvaient avec le président à Mar-a-Lago ce jour-là. Le vice-président Mike Pence était resté à Washington, et est revenu à la Maison-Blanche après dîner. 

Trump a donné l'ordre de frapper les cibles gouvernementales syriennes après avoir déclaré la veille que l'attaque chimique - dont les effets épouvantables ont été diffusés dans le monde entier, à coup de vidéos filmées juste après l'attaque - avait « franchi de nombreuses lignes » à ses yeux, et qu'il était de sa « responsabilité » d'y répondre.
Les terroristes djihadistes du groupe Ahrar al-Cham jubilent : « L'opposition armée salue toute intervention américaine sous forme de frappes chirurgicales à même d'affaiblir la capacité du régime d'Assad à tuer des civils, et d'écourter les souffrances de notre peuple. » 

Comme l'avait averti l'ambassadeur russe à l'ONU Vladimir Safronkov avant les frappes : « Nous devons réfléchir aux conséquences négatives [...] S'il y a des actions militaires, toute la responsabilité sera sur les épaules de ceux qui auront initié une telle entreprise tragique et douteuse », a-t-il prévenu, comparant lesdites conséquences à la situation actuelle en Irak et en Libye. 

Comment interpréter ces frappes aériennes ? 

Option n°1 : Trump est un imbécile, il est faible, il a plié devant les va-t-en-guerre et s'est fait avoir par une des provocations les plus flagrantes imaginables. (Même Scott Adams a vu à travers cet écran de fumée). Auquel cas, bon travail, Trump. Les cinglés membres du club des va-t-en-guerre vont sûrement te féliciter comme il se doit. 

Option n°2 : Trump est en train de jouer un match de catch au niveau de la planète. Comme l'a écrit Adams dans son article :
Pourquoi le gouvernement Assad balancerait - surtout maintenant - un agent innervant sur son propre peuple ? La réponse est évidente : le président Assad - qui lutte pour sa survie depuis plusieurs années, et qui commençait seulement à se sentir un peu plus en sécurité - a soudainement décidé de se suicider « au Trump ». Parce que la meilleure façon de le faire est de commettre un crime de guerre contre sa propre population, de manière à forcer le président Trump à réagir, sous peine d'être humilié par les médias mainstream. 

Et que dire de ces photos diffusées sur la tragédie ? Beaucoup d'imageries visuelles. Des bébés morts. C'est presque comme si quelqu'un avait préparé cette « tragédie » pour les caméras et les appareils photos, et en avait spécialement destiné les clichés au président Trump. Appuyons sur tous ses points sensibles. Appuyons fort. Juste quand la situation en Syrie prenait une orientation positive.
  • Intéressant timing.
  • Persuasion visuelle superpuissante destinée à Trump en particulier.
  • Événement bien, trop bien documenté pour être honnête, dans un endroit pourtant dépourvu de véritables journalistes.
  • Aucun mobile qui pousserait Assad à gazer plusieurs dizaines de personnes, au prix de son gouvernement entier. Poutine ne verrait pas non plus cette décision d'un très bon œil.
  • Le type d'attaque qu'aucun président américain ne peut ignorer et dont il peut sortir intact.
  • Un traquenard qui ressemble bien trop aux foutaises sur les armes de destruction massive qui ont déclenché la guerre en Iraq.
Je vais vous dire, cette attaque au gaz, c'est du pipeau.. C'est trop « parfait », trop lisse pour être naturel. Ça ressemble à un événement monté de toutes pièces. 

À mon avis, le président Trump sait que cette affaire pue, mais il doit donner une image de fermeté. Toutefois, gardez en tête que ne pas discuter des options militaires est devenu sa spécialité. Il aime bien laisser les gens jouer aux devinettes. C'est ce qu'il nous a rappelé hier, au cas où nous aurions oublié. 

Alors, comment un Maître ès Persuasion répond à un crime de guerre bidon ? 

Il donne une réponse bidon, s'il est malin.
On conviendra que 59 missiles de croisière, c'est un peu plus que la « réaction bidon » prédite par Adams. Mais même dans ce cas, n'oubliez pas que les Russes savaient apparemment que l'attaque allait avoir lieu et n'ont rien fait pour l'arrêter. En fait, d'autres sources commencent à confirmer cet aspect particulier de la théorie avancée plus haut : 


En outre, l'armée américaine a eu la bonté d'âme de ne « cibler personne ». Et d'après des sources syriennes, cela pourrait être le cas : 



Autrement dit, Trump devait réagir, sans quoi il serait passé pour un faible ou un larbin russe. Même le président est pris en otage par la machine de propagande des médias mainstream lorsqu'elle fonctionne à plein tube. Auquel cas, il dispose de très peu d'options. Soit il joue le jeu, soit il rentre chez lui. S'il décide de jouer le jeu, soit il se couche et devient complice (comme Obama et pratiquement chaque président avant lui), soit il le fait de manière à duper ses ennemis et leur faire croire qu'ils sont en train de gagner. 

Si les Russes ont été prévenus de l'intervention américaine, alors ils ont certainement prévenu les Syriens, qui on peut l'espérer ont eu le temps d'évacuer tout le personnel de la base. Au catch, ça donnerait : « Là, c'est le moment où je te frappe ». Suivi de : « Comment oses-tu me frapper ?! C'est un acte d'agression flagrant ! » (La télé syrienne a couvert l'intervention, la qualifiant d'acte « d'agression ».) 

Alors, quelle est la réalité ? Apocalypse trumpienne ? Ou bien nouvel acte de la pièce du théâtre géopolitique ? Les événements des prochains jours et prochaines semaines devraient clarifier tout cela. Si Trump continue cette folie avec un zèle renouvelé, alors le cas est désespéré. S'il se calme, alors, tout comme pour l'option n°1, les cinglés du club de va-t-en-guerre vont tout de même le féliciter comme il se doit. En fait, c'est déjà ce qu'ils font :
Les sénateurs John McCain et Lindsey Graham ont affirmé dans une déclaration commune que les États-Unis avaient « envoyé un important message, qu'ils ne resteront plus sans réaction quand Assad, aidé et protégé par la Russie de Poutine, massacrera des Syriens innocents avec des armes chimiques et des barils d'explosifs. Au contraire de l'administration précédente, le président Trump confronté à un moment important en Syrie a agi. Pour cela, il mérite le soutien du peuple américain. »
Mac Thornberry, représentant républicain du Texas et président de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants, a également publié une brève déclaration en soutien aux frappes jeudi soir. 

« Je soutiens la décision du président d'entamer une action militaire en Syrie. J'espère que cette action contribuera à empêcher de futures atrocités de la part du régime d'Assad. »
Le sénateur démocrate du Maryland, Ben Cardin, membre du Comité sénatorial sur les relations internationales, a déclaré dans un communiqué en soutien aux frappes : « Ces frappes militaires contre l'arsenal d'Assad envoient un signal clair : les États-Unis agissent contre l'utilisation des armes chimiques, » (...) « En revanche, et je ne peux être assez clair là-dessus, toute opération militaire de grande envergure ou de long terme en Syrie, menée par l'administration Trump, devra être décidée avec le Congrès. »
McCain réclame une autorisation rétroactive de la part du Congrès. Scott Adams nous dit ce qu'il en pense : 



Quoi qu'il en soit, ces frappes ont été effectuées sans approbation préalable du Congrès et sans véritable enquête pour identifier les responsables. C'est le genre de justice dont les bolchéviques seraient fiers, sans parler de Daech. Et de façon révélatrice, c'est le genre de justice qui fait saliver Clinton, McCain, Kristol, Rubio, etc. De ce point de vue, Trump aurait vraiment dû écouter les personnes sensées. Comme celles-là :
L'attaque chimique a fait sourciller de nombreuses personnes, car elle s'est produite quelques jours à peine après que l'administration Trump a déclaré que c'était aux Syriens de décider qui devait diriger leur pays. 

« Ça n'a aucun sens ; même si vous étiez totalement en dehors de tout ça, que vous ne preniez pas parti, que vous étiez juste un analyste, il serait totalement illogique de la part d'Assad, sous ces conditions, d'utiliser tout à coup des gaz toxiques. Je pense qu'il n'y a aucune chance qu'il ait pu faire cela délibérément », a lancé l'ancien membre du Congrès Ron Paul mercredi dernier. 

Le représentant républicain du Kentucky à la Chambre des représentants, Thomas Massie, a également ouvertement déclaré que cette attaque ne servirait pas les intérêts d'Assad. 

« Je voudrais demander : à qui cela profite-t-il ? Qui y gagnerait, si des armes chimiques ont été utilisées et que l'Amérique prend position pour les rebelles, ou se lance dans une guerre contre Assad ?, a déclaré Massie dans une interview sur CNN. « Qu'est-ce qu'Assad y gagne ? » 

Nombre des plus fervents partisans de Trump sur les médias sociaux exhortent également le président à ignorer les appels à intervenir militairement.
Mais bon, le sens commun se fait rare à Washington. Et comme toujours, le jeu continue. 

Articles plus anciens sur l'attaque d'Idlib : Voici la réalité sur « l'attaque aux armes chimiques » à Idlib : la Syrie a bombardé un entrepôt de munitions chimiques, et La guerre n'est pas finie : La Russie se réserve désormais le droit de réagir à des frappes US en Syrie 

MISES À JOUR : 

Voici le discours de Trump : 


L'agence de presse officielle syrienne, Sana, a annoncé que les frappes américaines avaient « causé la mort de neuf civils, dont quatre enfants ». Selon le porte-parole du département de la Défense américaine, le capitaine Jeff Davis, « toutes les précautions avaient été prises pour exécuter la frappe avec le minimum de risques » pour le personnel présent sur la base et notamment les Russes qui s'y trouvaient. Il a ajouté que les frappes « ne visaient pas la population ». « Comme toujours, les États-Unis ont pris des mesures extraordinaires afin d'éviter de toucher des civils et de respecter le droit international humanitaire. » 

Des séquences vidéo de l'intervention ont été relayées sur Twitter : 


Ainsi, Trump a fait plaisir aux cinglés va-t-en-guerre. Mais pour combien de temps les a-t-il satisfaits ? Le membre du Congrès Adam Schiff a déclaré :
Les États-Unis n'ont pas l'intention pour le moment de lancer d'autres frappes de missiles en Syrie après l'intervention de jeudi soir contre une base aérienne militaire près de Homs, a déclaré Adam Schiff dans une interview. 

« Notre intention n'est pas, pour le moment, de lancer une autre frappe. », a déclaré Schiff à MSNBC ce jeudi. 

Schiff a ajouté qu'il revient au président américain Donald Trump de choisir la bonne stratégie à adopter contre le gouvernement syrien.
L'armée américaine a diffusé une vidéo du lancement des frappes : 


Oups, ils auraient peut-être dû y penser (en référence au fait que Daech a profité des frappes américaines pour lancer une nouvelle offensive contre l'armée syrienne) : 



Le site Al-Masdar donne les dernières nouvelles sur la situation à la base aérienne :
Ce que nous savons pour le moment :
  • Des missiles américains ont frappé les terrains d'aviation, les hangars et les stocks de carburant de la base d'Al-Shayrat.
  • La destruction des containers de carburant a provoqué plusieurs explosions et un gros incendie qui n'a pas encore été éteint. Au moins 15 avions de combat ont été endommagés ou détruits.
  • Un pilote de chasse a été tué - plusieurs autres blessés.
  • Des Russes étaient présents à la base aérienne lorsqu'elle a été attaquée.
Mises à jour du 7 avril 

Sputnik a rapporté que tout le personnel et les équipements militaires avaient été évacués avant l'attaque, selon ABC, qui cite des témoins. Cela irait dans le sens des rapports selon lesquels les États-Unis ont prévenu la Russie, qui à son tour a prévenu les Syriens. Un employé de la base a affirmé à Sputnik que « tous les avions » de la base étaient endommagés, donc « on peut dire que tout est complètement détruit ». Mais un correspondant pour Sputnik a plus tard rapporté que 5 avions de chasse se trouvant sur la piste n'avaient pas été endommagés, de même que plusieurs hangars contenant des équipements, et également la piste. Le gouverneur de Homs a ensuite qualifié les dégâts d'« insignifiants », ajoutant qu'il y avait quelques pertes matérielles, mais que « notre détermination n'avait pas failli ». Le ministre de la Défense a ensuite rapporté que six avions avaient été détruits. 


Un employé de la base a déclaré à Sputnik que les dégâts étaient « moins pires » que ce à quoi ils s'étaient attendus : « Il s'avère que la situation n'est pas aussi mauvaise qu'elle le semblait au début, parce qu'au début, il y avait des incendies et de la fumée, et on ne peut pas encore aller partout, parce qu'il peut rester des projectiles qui n'ont pas encore explosé », a déclaré l'employé. Une autre source militaire syrienne a affirmé à RusVesna que la base était plus ou moins une casse de vieux équipements hors service. Les six avions détruits se trouvaient à la base pour des réparations. Les dégâts se montent en tout à entre 3 et 5 millions de dollars US d'équipements. Le coût des frappes pour les États-Unis ? Environ 90 millions de $. (Autres images de dégâts relativement mineurs ici.) Le ministre de la Défense russe a qualifié l'attaque de « relativement inefficace ». 

Le département de la Défense américain a déclaré qu'il était peu probable que cette frappe ait fait des victimes civiles. L'armée a délibérément choisi de lancer l'attaque à 4h40 du matin, un vendredi (jour férié en Syrie), pariant sur la « forte probabilité » qu'aucun civil ne se trouve à proximité des cibles. Le porte-parole Eric Pahon a ensuite ajouté : « Nous conservons un large éventail d'options militaires ». 

Toutefois, après ces rapports initiaux, le gouverneur d'Homs a affirmé que selon les « données préliminaires », 5 personnes avaient été tuées et 7 autres blessées lors de l'attaque. (Même si, comme pour l'attaque contre l'Armée syrienne à Deir ez-Zor, les autorités syriennes n'ont pas encore diffusé les noms ou les photos des victimes). Le ministère de la Défense russe annonce désormais que quatre militaires syriens ont été tués, six autres blessés, et deux autres sont portés disparus. Les Syriens affirment que dix militaires ont été tués. Une source a ensuite déclaré à Sputnik que 4 enfants vivant près de la base aérienne avaient été tués au cours de l'attaque. Pour le moment, le CICR ne dispose d'aucune donnée sur des pertes civiles. 

L'ambassade russe en Syrie a initialement déclaré qu'elle tentait de découvrir s'il y avait des Russes parmi les victimes. Le Centre russe pour la réconciliation a également affirmé qu'elle n'avait encore aucune donnée sur des pertes russes. Mais Lavrov a ensuite confirmé qu'il n'y avait « probablement » aucune victime russe. 

La Russie a appelé à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qualifiant l'attaque des États-Unis « d'acte d'agression contre un État souverain ». Victor Ozerov, président du Comité de défense et de sécurité au Conseil de la Fédération de Russie, poursuit : « Après cet incident, les relations déjà tendues avec les États-Unis vont se dégrader davantage », ajoutant que l'attaque du missile donnera probablement « un très mauvais exemple pour l'opposition armée en Syrie, ce qui pourrait remettre en question les accords conclus avec l'opposition, y compris à Genève ». La Russie a également convoqué une séance extraordinaire du Groupe de soutien international à la Syrie (ISSG) dans la foulée des frappes. 

De façon intéressante, Ozerov a ajouté que la coopération militaire entre la Russie et les États-Unis pourrait être compromise car la communication des États-Unis était défaillante, ce qui contredit les rapports antérieurs selon lesquels les États-Unis avaient prévenu les Russes. Aujourd'hui, Tillerson a également changé de version, affirmant qu'il n'y avait eu « aucun contact avec Moscou ni avec le président Poutine ». Remarquez qu'il n'a pas dit s'il y avait eu des contacts à un échelon inférieur, c'est-à-dire entre militaires. Selon le Pentagone, les Russes avaient reçu un avis de « désescalade ». 

En plus des djihadistes et des néocons, Netanyahou a déclaré soutenir les frappes, espérant que « ce message de détermination face aux actes horribles du régime Assad résonnera non seulement à Damas, mais aussi à Téhéran, Pyongyang et ailleurs ». Le président israélien Rivlin a déclaré que « les États-Unis montrent l'exemple à l'ensemble du monde libre. » 

Le Conseil national (djihadiste) syrien réclame davantage de frappes, évidemment. Le gouverneur de Homs a souligné l'évidence : cette base jouait un rôle-clé dans la lutte de la Syrie contre Daech. Ainsi, nous pouvons ajouter Daech à la liste des cinglés qui se frottent les mains. Peskov a dit que l'attaque avait été lancée « de facto dans l'intérêt de Daesh, du Front al-Nosra et d'autres terroristes. Jusque-là, on peut dire sans équivoque que ces frappes ont fait du tort à la lutte contre le terrorisme ». (Une source anonyme a révélé à Sputnik que Daech avait mené une attaque à proximité au même moment que les frappes.) Ankara a également « salué » l'attaque, la qualifiant d'« initiative positive ». 

La Turquie appelle également à la mise en place en urgence d'une zone de sécurité. « La communauté internationale doit agir de concert ». Jens Stoltenberg a déclaré que Damas portait l'entière responsabilité des frappes américaines (ouais, lui aussi, c'est un imbécile). Hollande a déclaré que cette opération devait être « poursuivie au niveau international dans le cadre des Nations Unies si c'est possible ». Ah ! Le gouvernement britannique soutient pleinement ces frappes illégales. 

Parmi ceux qui sont moins ravis, et qui conservent leur sens commun au milieu de tout ce battage : la Grèce s'est déclarée fermement opposée à toute intervention militaire en Syrie. Marine Le Pen, une des rares voix de la raison, a déclaré : « Est-ce que c'est trop demander d'attendre les résultats d'une enquête internationale indépendante avant d'opérer ce genre de frappes ? », espérant que ne se reproduisent pas les scénarios irakien ou libyen qui, selon elle, sont « des processus qui ont entraîné le chaos, qui ont fini par conforter le fondamentalisme islamiste. » Autres réactions d'hommes politiques français ici. Même Nigel Farage a critiqué les frappes (idem pour le dirigeant d'UKIP, Nuttall, qui a qualifié l'initiative d'« irréfléchie » et a ajouté qu'il avait « espéré mieux » de la part de Trump) :
« Je suis très surpris par tout cela. Je pense que de nombreux électeurs de Trump vont se réveiller ce matin complètement interloqués, à se demander où tout cela va finir. » a-t-il déclaré. 

En tant que fervent partisan de Trump, je dis oui, ces images étaient horribles, mais je suis surpris. Quels que soient les péchés d'Assad, c'est un laïc. »
Autres réactions britanniques ici. (Ajoutez le Japon, l'Arabie Saoudite et l'Union Européenne à la liste des partisans de cette attaque illégale.) 

La Russie, bien sûr, souligne que cette attaque a été commise en violation flagrante du droit international, et sous un faux prétexte. La conseillère d'Assad Bouthaina Shaaban a déclaré à RT que cette attaque avait profité à Daech :
« Les États-Unis ont senti qu'il fallait les sauver et leur remonter le moral. L'Arabie saoudite et la Turquie y ont contribué, ces pays ont facilité les actions des terroristes en les finançant et en les armant au détriment de notre pays et notre population. » 


Cette attaque « est une violation de la loi internationale et une violation de notre souveraineté " a déclaré Shaaban à RT, et elle pense qu'en fin de compte cela se retournera contre eux », car les liens entre l'Occident et le terrorisme se révèlent au grand jour. 

« Cela nous rendra encore plus déterminés à vaincre le terrorisme. Cela en dit long aussi sur leur lutte contre les terroristes. S'ils luttent vraiment contre le terrorisme », ils devraient aider ceux qui le combattent, c'est-à-dire l'Armée arabe syrienne, la Russie et l'Iran, a-t-elle ajouté. 

« S'ils luttent vraiment contre le terrorisme, pourquoi ne répondent-ils pas à l'appel de Vladimir Poutine de former une vraie coalition internationale ?... Ils ont tué nos soldats par centaines à Deir-EzZor et ils ont mis des semaines avant de reconnaître que ces derniers avaient été tués par les frappes aériennes américaines... Il y a tant de contradictions dans le discours occidental par rapport à la Syrie. La réalité en Syrie est totalement différente de ce que les gouvernements britannique et américain essaient de faire croire aux opinions publiques occidentales. »
Les Russes ont réagi en suspendant leur mémorandum avec les USA sur la sécurité des vols lors des opérations en Syrie :
« Cette décision est parfaitement logique... La suspension du mémorandum va désormais permettre à la Russie de répondre en temps voulu aux diverses menaces, dont celles visant nos bases aériennes et nos unités en Syrie », a déclaré Yury Shvytkin [vice-président du comité de défense de la Douma]. 

D'après lui, la Russie ne pouvait rien faire pour empêcher ces frappes, car elle agissait en conformité avec le mémorandum.
Igor Konachenkov, porte-parole du ministère de la Défense russe, a rappelé à tout le monde que les systèmes de missiles anti-aériens S-400 et S-300 russes étaient en parfait état de marche, 24h/24, et qu'ils offraient « une solide protection aérienne aux bases russes ». Il a ajouté :
« Il est évident que les frappes des missiles de croisière américains contre une base aérienne syrienne ont été préparées bien avant les événements d'aujourd'hui. Afin de préparer un tel bombardement il faut réaliser plusieurs mesures de renseignement, de planification, de préparation des missions de vol et de mise des missiles en alerte en vue du tir » 

Selon Konachenkov, l'attaque chimique d'Idlib n'était « qu'un prétexte formel. Cette démonstration de force militaire est dictée uniquement par des raisons de politique intérieure. » 
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Cette démarche de la partie américaine est perçue comme une « violation flagrante du mémorandum russo-américain signé en 2015 sur la prévention des incidents et la garantie de la sécurité des vols au cours de l'opération en Syrie. Le ministère russe de la Défense suspend la coopération avec le Pentagone dans le cadre du mémorandum », a-t-il ajouté. 
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« L'administration des États-Unis a changé, mais sa manière de lancer des guerres reste la même depuis les bombardements en Yougoslavie, en Irak et en Libye. Et à nouveau, le prétexte de l'agression n'est pas une enquête objective, mais des allégations, des manipulations des faits, des exhibitions de photos et de pseudo-fioles montrées devant des organisations internationales », a dit Konachenkov.
Chose intéressante, selon le ministère de la Défense russe, seuls 23 missiles sur les 59 tirés ont atteint leur cible :
« Le 7 avril, entre 3h42 et 3h56 heure de Moscou, deux destroyers de la marine américaine (USS Porter et USS Ross) ont tiré 59 missiles de croisière Tomahawk sur l'aérodrome d'al-Chaayrate dans la province de Homs en Syrie. Selon nos sources, seuls 23 d'entre eux ont atteint la base aérienne syrienne », a déclaré le major-général [Konachenkov], tout en assurant ne pas savoir où les autres projectiles avaient atterri.
Eh bien, où ont donc atterri ces autres missiles ? Ils n'ont pas explosé ? Ils ont atteint des « cibles secondaires » ? Si c'est la deuxième réponse, quelles cibles ? Peut-être une ou deux bases de Daech ? S'il s'agissait de cibles militaires syriennes, nul doute qu'on en aurait entendu parler depuis. 

La façon dont RadioFreeEurope/RadioLiberty a rapporté la réaction des hommes politiques russes est involontairement hilarante :
D'autres voix importantes au sein de l'establishment politique russe ont fait allusion à une sorte de conspiration de l'État profond visant à forcer Trump à soutenir le changement de régime en Syrie une semaine après la déclaration de l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley, selon laquelle « notre priorité n'est plus de rester assis en nous focalisant sur le moyen de faire partir Assad. »

« On a la ferme impression que ni le Pentagone, ni les services secrets américains n'étaient d'accord avec ce rapprochement, et qu'ils ont de nouveau mis Trump au pied du mur et l'ont acculé avec des "preuves irréfutables". », a déclaré Konstantin Kossatchev, président du Comité des affaires internationales du Conseil de la Fédération, sur Facebook en référence au discours de Colin Powell à l'ONU en 2003. 

Sergey Markov, un célèbre analyste politique proche du Kremlin et connu pour ses prises de position complotistes, a déclaré que l'attaque chimique de cette semaine avait « très probablement » été organisée par des « agents américains », les associés d'al-Qaïda auparavant connus sous le nom de Front al-Nosra, et le groupe de sauveteurs connu sous le nom de Casques Blancs. 

Ce prétendu complot était un piège tendu par les « ennemis intérieurs » de Trump, a prétendu Markov dans un billet sur son blog. Il n'a présenté aucune preuve pour étayer cette allégation. 
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Après les frappes de missiles du 7 avril sur la base syrienne, le rédacteur en chef du réseau international sous contrôle étatique russe, RT, a tweeté que « pour la première fois en six mois, les médias américains ont des choses positives à dire sur Trump. ».
L'analyse de l'ancien conseiller en Sécurité nationale Richard Clarke est intéressante :
« Cette attaque contre une base aérienne semble davantage symbolique », selon Clarke. « Je pense que le secrétaire à la Défense, le général James Mattis, a présenté au président une liste d'options, celle-ci étant la plus modeste. C'était une attaque ciblée qui n'était pas destinée à submerger l'armée syrienne... Je pense que le président a essayé de se démarquer de son prédécesseur. »
Et comme le rapporte RFE/RL, selon les analystes, il est peu probable que les frappes américaines en Syrie laissent présager une ingérence plus étendue. 

Si, en lançant ces frappes, l'intention de Trump était de donner un os à ronger aux va-t-en-guerre pour qu'ils lui fichent un peu la paix, ce n'est peut-être pas si simple que cela. Comme l'écrit Peter Lavelle, « Trump a réduit ses options - reculer ou se radoucir maintenant sera perçu comme un signe de faiblesse, chose qu'il peut difficilement se permettre. » 

Mises à jour du 7 avril - 2e partie 

Par coïncidence (apparemment), la frégate russe Amiral Grigorovitch, dotée de missiles de croisière Kalibr, a été déployée depuis la mer Noire et se dirige vers la Méditerranée, pour accoster à la base militaire syrienne de Tartous. C'est censé être un « voyage de routine », et les Russes n'ont pas dit combien de temps le navire devait rester au large des côtes syriennes. 

Des législateurs russes ont réclamé de la part d'organisations internationales comme l'OSCE qu'elles condamnent l'attaque unilatérale et illégale américaine. Il semble que Lavrov ait recadré son homologue turc, Cavusoglu, au téléphone, obtenant son accord quant à la réclamation d'une enquête impartiale sur l'attaque chimique. Le représentant russe à l'ONU a déclaré que les États-Unis craignaient l'ouverture d'une véritable enquête. Il a raison. Ils la craignent, car ce n'est pas le gouvernement syrien qui est derrière cette attaque chimique. 


Commentaires de Poutine par la voix de son porte-parole Peskov :
« Le Président Poutine estime que les frappes américaines contre la Syrie sont une agression contre un état souverain en violation du droit international, qui plus est menée sous un faux prétexte », a déclaré Peskov aux journalistes. 

« M. Poutine considère également les frappes contre la Syrie menées par la partie américaine comme une tentative de détourner l'attention de la communauté internationale des nombreuses victimes civiles en Irak. » 

« L'armée syrienne ne dispose pas de réserves d'armes chimiques », a affirmé le porte-parole, estimant que « la destruction de toutes les réserves d'armes chimiques » par Damas avait déjà été constatée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. « Du point de vue de Poutine, ignorer complètement l'usage par les terroristes d'armes chimiques aggrave considérablement la situation. », a ajouté Peskov.
Ci-dessous, le briefing de Konachenkov, cité dans la dernière mise à jour (transcription) : 


Le secrétaire du Trésor des États-Unis Steven Mnuchin prévoit d'introduire de nouvelles sanctions contre la Syrie. Le CICR a déclaré que la guerre s'était muée en « conflit international ». 

Images provenant d'un drone immédiatement après l'attaque : 


Quarante officiers et généraux syriens sont en train d'évaluer les dégâts de la base. Ils disent qu'un hangar a été détruit et huit autres endommagés. La plupart des dégâts concernent les munitions et le carburant. 

Mises à jour du 7 avril, 3e partie 

Brian Williams de MSNBS se fait ridiculiser à juste titre à cause de cette séquence hallucinante : 



John McCain a du mal à contenir sa joie : 


« Ce n'est que le début ! ». Bon, on espère que tu as tort, Johnny. Comme l'écrit The Duran : « Une chose est sûre, si John McCain est heureux, le monde ferait mieux de s'accrocher, car le malheur et la mort « au nom de la liberté » sont sur le point de s'abattre sur la planète. ». 

La déclaration de Maria Zakharova : 


Et la performance épique de l'ambassadeur bolivien à l'ONU, lors du Conseil de sécurité de l'ONU : 


Le Premier ministre Medvedev a clashé Trump sur Facebook :
« Peu après sa victoire, j'ai noté que tout dépendrait [de savoir] à quel moment les promesses électorales de Trump seraient rompues par la machine de pouvoir existant. Cela n'a pris que deux mois et demi », a lancé Medvedev sur Facebook. 

« Personne n'exagère la valeur des promesses électorales mais il y a tout de même des limites à la décence. Après vient l'incrédulité totale, ce qui est très triste pour nos relations détériorées. Et, bien sûr, c'est réjouissant pour les terroristes », a conclu le Premier ministre.
Le gouverneur de Homs a rapporté que la mort de 14 personnes dont 9 civils (des villageois locaux) a été confirmée. 13 autres ont été blessées, dont des femmes et des enfants. L'un des missiles a apparemment manqué sa cible et a frappé un village voisin, Al-Hamrat. 7 civils ont également été blessés à Al-Manzul, à 4 km de la base. 

D'après RFE/RL, les internautes russes posent une importante question : où donc étaient les missiles de défense S-400 ? Apparemment, les S-400 étaient trop éloignés de la base, et ne sont pas vraiment efficaces contre des missiles de croisière volant à très basse altitude. Cela n'explique pas pourquoi ils n'ont même pas été utilisés (ils sont censés pouvoir contrer des missiles de croisière). Que les Américains aient délibérément éludé les systèmes d'interception, ou que les Russes aient choisi de ne pas intervenir en raison du mémorandum sur la sécurité des vols, une chose est sûre : maintenant que le mémorandum est annulé, Trump n'aura probablement plus l'opportunité d'envoyer un autre « message ».

Peter Hitchens : l'attaque sur Idlib c'est à nouveau le coup des armes de destruction massives ! Pourquoi vous ne vous en rendez pas compte ?


FAUSSES NOUVELLES

70 personnes mortes dans une attaque suspectée d'être au gaz en Syrie.
En fait, savoir quelque chose, se rappeler les faits historiques ou avoir de l'expérience dans ce monde devient un désavantage. Oh combien il serait plus facile de rejoindre le flux des opinions sur la Syrie, d'écouter attentivement et de lire avec satisfaction les rapports sur le sujet donné par les médias. 

Et pourtant, je ressens quelque chose de proche d'une douleur physique si je fais cela. 

La frénésie d'aujourd'hui sur l'utilisation présumée de gaz toxiques en Syrie est la version 2017 des armes de destruction massive d'Anthony Blair en Irak. Pourquoi ne pas le voir ? Avez-vous pensé qu'ils raconteraient l'histoire exactement de la même manière ? Vous êtes assailli par vos émotions, de manière à agir en premier et réfléchir longtemps après et trop tard. 

Comment *peuvent* des journalistes formés (et des diplomates expérimentés) manquer de volonté ou de capacité de questionner ce qu'on leur dit ? Comment est-ce qu'ils acceptent sans hésitation des rapports qui ne sont pas venus de leur propre personnel, mais proviennent des zones de guerre terrifiantes où les gangs de meurtriers fanatiques sont la seule loi ? Un ou deux au moins ont eu la décence de se référer à ces nouveaux rapports d'attentats comme « suspects » ou allégués, mais la plupart les présentent comme des faits établis. « Toutes les caractéristiques » signifie, dans de tels cas, quoi ? Bien que des millions de personnes croient que cela a été prouvé, les accusations passées sur l'usage de gaz par Damas n'ont jamais été démontrées de façon indépendante. 

Eh bien, comment les faits *peuvent*-ils être indépendamment établis à propos de ces événements ? Pas facilement. Hélas, cela rend terriblement simple de faire de la propagande sans jamais pouvoir faire de vérifications sérieuses. 

Les pressions exercées sur quiconque communique avec les médias occidentaux à partir de tels endroits ne peuvent être qu'imaginées. 

Et puis, il y a ce point simple. Pourquoi le gouvernement syrien utiliserait-il du gaz à cette étape dans une guerre qu'il a récemment commencé à gagner avec des munitions conventionnelles ? Vous n'avez pas besoin de croire que l'état d'Assad soit un saint pour poser cette question, et je ne le crois pas. S'il vous plait, regardez Carla del Ponte, pour l'ONU, qui a par le passé accusé les *rebelles* d'utiliser du gaz. 

Mauvais et brutaux, c'est ainsi qu'ils pourraient bien être, mais ils devraient être stupides et peut-être même fous de faire une telle chose, alors qu'une conférence importante se réunit à Bruxelles pour discuter de l'avenir de la Syrie. 

Les avantages militaires seraient minuscules. Les armes chimiques n'ont pas été largement utilisées depuis la guerre de 1914-1918, non parce que les soldats ont été particulièrement tendres, mais parce bien que vicieuses, ces armes ne constituent pas un arsenal de guerre particulièrement efficace. Durant la guerre de 1939-1945, de nombreuses choses barbares ont été faites, en particulier par des nations largement sans loi telles que l'Allemagne et le Japon, et même par l'URSS. Mais le gaz n'a pas été utilisé sur le champ de bataille. 

Les désavantages politiques et diplomatiques seraient énormes. Si la Syrie pouvait être désignée (comme elle ne l'était pas encore) pour avoir utilisé du gaz pour tuer des enfants, cela signifierait un isolement diplomatique total et des appels renouvelés en Grande-Bretagne et aux États-Unis (qui, il y a quelques jours, avaient abandonné son but de renverser Assad) pour intervenir contre Assad. 

Eh bien, voici quelques possibilités sur la raison pour laquelle cela s'est produit à ce moment précis. Cela s'est produit au moment où la politique russe dans la région avait commencé à donner de bons résultats. Ca ne peut pas aller. Ne sous-estimez jamais le désir actuel dans les milieux occidentaux de la politique étrangère d'accroître l'hostilité entre la Russie et les États-Unis. Le début a été lorsque la relation absurdement étroite et servile de la Grande-Bretagne au régime despotique et agressif (demander a un yéménite) des Saoudiens, est soulignée par une visite à Riyad de Theresa May. Et il s'agit du tyran égyptien, le général Sisi, que nous ne sommes pas autorisés à appeler un dictateur militaire, bien qu'il le soit, et dont les forces ont abattu des centaines de manifestants au Caire, soit en visite à Washington. 

Deux points se produisent. Premièrement, les puissances occidentales, en s'affichant avec de telles personnes, démontrent que leur dégoût exagéré envers le gouvernement Assad est sélectif et irréel. Deuxièmement, ils démontrent que notre volonté continue d'être en bons termes avec l'Arabie saoudite est derrière notre politique étrangère dans cette région. Et quel état déteste le président Assad plus que quiconque ? Pourquoi, l'Arabie Saoudite Wahhabi, qui méprise Assad pour son hérésie Alawite et le déteste pour son alliance avec l'Iran chiite. 

Traduction Sott


10/04/2017
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