Marasine

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Syrie: la France pourrait être derrière le massacre à l'arme chimique de Ghouta

Les rebelles modérés soutenus par les USA utilisent des gaz toxiques à Alep

L'insistance avec laquelle la France et le Etats Unis veulent à tout prix imputer au régime d'Assad l'utilisation d'armes chimiques contre la population syrienne est étrange. Partant du principe que l'attaque est la meilleure des défenses, l'on s'interroge sur la déclaration du représentant syrien à l'ONU accusant les services de renseignement français d'être derrière la barbarie de Ghouta, qui a permis de justifier l'opération en Syrie.
 
Le 21 août 2013, du gaz sarin est utilisé dans l'oasis de Ghouta, faisant plus d'un millier de morts et blessés parmi la population civile. L'arsenal chimique syrien a ensuite été détruit, la France et les Etats Unis ont immédiatement attribué cet acte ignoble au régime d'Assad et ont pu ainsi justifier la furture intervention militaire en Syrie.
Comme l'écrit le journal Le Point:
Bachar el-Assad est en revanche incriminé par deux synthèses des services de renseignements américains et français, publiées respectivement le 30 août et le 3 septembre 2013, pour ainsi justifier publiquement des frappes occidentales à venir. "La simultanéité de l'attaque, dans des endroits différents, réclame un savoir-faire tactique indéniable que seul le régime syrien possède", assure encore aujourd'hui Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques à la Fondation pour la recherche stratégique.
Or, le rapport de l'ONU du 12 décembre 2013 n'a "pu" établir les responsabilités, autrement dit n'a pu imputer l'acte au régime d'Assad. Et pour cause, en février 2014, un rapport du Massachusets Institut of Technology aux Etats Unis affirme lui sans aucun doute que le régime syrien n'est pour rien dans cette attaque chimique, mais il est passé sous silence en France et Fabius maintient la responsabilité d'Assad. Eneffet:
 
Un ancien inspecteur de l'ONU et spécialiste des missiles, Richard Lloyd, et un professeur du MIT, Theodore Postol, avaient conclu que l’attaque chimique n’avait pu être lancée que depuis une zone tenue par les milices de l’opposition.
Or, cette opposition est soutenue par les Etats Unis et la France. La presse également tient le cap:
 

C'est alors que deux évènements se croisent ces derniers jours. L'ONU rend un nouveau rapport sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie:

Au terme d’un an de travail, une enquête conjointe des Nations unies (ONU) et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a déterminé qu’en Syrie, les forces du président syrien Bachar Al-Assad s’étaient rendues coupables de deux attaques toxiques et l’organisation Etat islamique (EI) d’une troisième.
Dans 6 autres cas, les responsabilités "n'ont pu être établies". Soit. Nous avons pris l'habitude des "rapports d'enquête" et des "commissions indépendantes", ce qui ne peut être prouvé officiellement signifie simplement que ça n'entre pas dans la vision nécessaire du monde .
 
A cette occasion, justement, le représentant syrien à l'ONU accuse les services français d'avoir organisé le massacre de Ghouta, pour masquer un autre massacre que venait de commettre la fameuse "opposition modérée". Cette information est diffusée par la presse britanique, dans The Independant, étrangement elle n'est pas reprise par la presse française. Selon Bachar Al-Jaafari:
«L'utilisation d'armes chimiques dans la région de Damas était destinée à empêcher Oke Selstrem [chef du groupe des inspecteurs] de se rendre à Alep, car la France savait qui avait utilisé des armes chimiques à Alep. Ils voulaient empêcher Oke Selstrem d'atteindre Alep par tous les moyens, de ce fait, ils ont utilisé des armes chimiques à Damas, avec l'implication du renseignement français»
Evidement, la France considère ces accusations comme absurdes et maintient ses accusations contre Assad. Pourtant, les dernières attaques chimiques menées en Syrie, par les "rebels modérés" à Alep ne soulèvent pas l'opinion internationale qui préfère s'accrocher au portrait du petit Omrane photographié par un "rebelle" qui maîtrise bien l'art de la décapitation, mais une trentaine de morts et de blessés, bien réels, ne seront que des dégâts collatéraux. Ils ont eu la malchance d'être massacré par les "gentils", ceux qui sont soutenus par la coalition américaine, donc rien à voir, on circule:
Les militants du mouvement Nour al-Din al-Zenki ont tiré plus de sept obus sur le marché local d'al-Awamid dans la vieille ville d'Alep, dans le but de forcer l'armée gouvernementale à arrêter les opérations militaires sur la ville et d'obtenir un nouvel instrument de pression. "J'étais près de l'endroit où l'un des obus a été largué. Une autre bombe a été larguée sur le marché d'Al-Awamid. Quelques minutes plus tard, je suffoquais et j'avais des nausées, j'ai été soigné sur place, puis transporté à l'hôpital. Cela a sauvé ma vie"

La France accusée par l'ONU d’attaque chimique en Syrie

 
 
Face aux accusations de l’implication de la France dans l’attaque chimique de la Ghouta, en 2013, une source du ministère français des Affaires étrangères a confirmé à RT France la position du gouvernement, qui est de nier en bloc. 

Une source diplomatique du ministère français des Affaires étrangères a démenti les accusations faites à la France émises par le représentant syrien à l’ONU Bachar al-Jaafari quant à l’attaque chimique à la Ghouta, en banlieue de Damas, en 2013. «Pour ce qui est des déclarations d’un représentant du régime de Bachar al-Assad, nous ne leur apportons aucun crédit», a confié la source à RT France.

Cette même source a renvoyé à la déclaration du ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, qui se réfère à son tour au «mécanisme créé par le Conseil de sécurité des Nations unies» qui a établi que les autorités syriennes sont responsables de deux attaques chimiques. Cependant, le texte en question évoque les attaques chimiques à Talamen en 2014 et à Sarmin en 2015, lorsque le représentant syrien à l’ONU ne parlait que de l’attaque à la Ghouta en 2013.

La Syrie affirme avoir informé l’ONU des attaques chimiques


Les autorités syriennes ont envoyé des lettres contenant des informations sur les attaques chimiques en 2013 près de Damas au Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres organismes internationaux, mais ces données n’ont jamais été prises en compte, a confié Bachar al-Jaafari au site Sputnik Arabic. «Des pays influents au sein du Conseil de sécurité ont retourné ces données ou les ont taxées d’inauthenticité. Cela a pu avoir lieu parce que ceux qui sont derrière l’utilisation des armes chimiques profitent du soutien de ces pays», a-t-il déclaré.

Le représentant syrien à l’ONU affirme baser ses déclarations sur des informations fournies par les agences de renseignement syrienne et russe. «Malheureusement, beaucoup de gouvernements sont impliqués dans cette question. Et le gouvernement français ne fait pas exception», a-t-il conclu.

L’attaque chimique du 21 août 2013 à la Ghouta a causé la mort de plus de 1 500 personnes. La commission de l’ONU qui a mené l’enquête dans la banlieue de Damas a confirmé l’existence de preuves de l'utilisation d'armes chimiques, notamment de gaz sarin. Le responsable de l’attaque n’a cependant pas pu été identifié.
[...] 

Source


27/08/2016
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