Dans une interview publiée par un quotidien allemand, le président grec a déploré le manque d'actions des autorités turques pour endiguer la crise des migrants. Selon lui, les passeurs turcs sont même soutenus par les autorités. 
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Les îles grecques ont accueilli de nombreux migrants cette année
Entre la Grèce et la Turquie, le torchon brûle. En pleine crise des migrants, les deux pays rivaux depuis des années ont ainsi repris leur passe d'armes. Le 17 janvier, c'est le président grec, Prokopis Pavlopoulos, qui a dégainé le premier lors d'une visite en Allemagne. Il a ainsi accusé la Turquie de soutenir les passeurs qui monnayent les traversées de migrants à destination de la Grèce et de l'Union européenne. « Je crains fort que les passeurs turcs ne soient soutenus par les autorités », a-t-il assené. 

Pour le président grec, les premières responsables sont « les autorités portuaires [qui] font comme si elles ne voyaient rien ». Pour lui, les passeurs sont même largement aidés par les responsables turcs dans une « sorte de commerce des esclaves. Nous avons des preuves ». 


Commentaire : « La phase finale de désintégration de notre vieux monde bat son plein. Avec son incontournable corollaire : les flux migratoires incontrôlables créés par les désordres répandus, la plupart du temps par nous-mêmes, aux quatre coins de la planète. » 

Petit rappel : 

« Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays » (article 14 de laDéclaration universelle des droits de l'homme). 


Afin de ne pas totalement couper les ponts alors qu'Athènes et Ankara, qui entretiennent des relations délicates, croisent le fer depuis des mois en raison de la crise des réfugiés, Prokopis Pavlopoulos a toutefois affirmé ne pas « parler ici des dirigeant turcs. Mais nous avons de nos postes avancés sur les îles des preuves que les autorités portuaires travaillent avec des passeurs ». Les naufrages de nombreuses embarcations de fortunes mises à disposition des migrants à prix d'or par les passeurs sont quasi-quotidiens au large des côtes greco-turques. 

Ce n'est pas la première fois que de telles accusations sont portées contre la Turquie. Plusieurs ONG et organisations de défense des droits de l'homme qui viennent en aide aux réfugiés ont fréquemment dénoncé ces faits. C'est en revanche, la première fois que ces allégations sont portées par un responsable politique grec de premier plan. 

Les îles grecques de la mer Égée sont en effet, et cela depuis plusieurs mois, la principale porte d'entrée des réfugiés qui veulent gagner l'Union européenne. Plus de 500 000 d'entre eux auraient ainsi rejoint la Grèce depuis la Turquie. 

Or, selon Athènes, la Turquie ne ferait rien pour stopper cet afflux de migrants. Et cela malgré la signature d'un accord de coopération avec l'Union européenne sur cette question. Au total, plus de 2,2 millions de réfugiés, essentiellement syriens, se sont réfugiés en Turquie depuis le début de la guerre-civile en Syrie.