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© Inconnu La guerre continue sur un autre front
Selon l'agence de presse syrienne Sana, les forces turques ont immédiatement bombardé les combattants pro-Damas. Des médias publics turcs cités par Reuters affirment que ceux-ci auraient alors battu en retraite, une information qui n'a pas été confirmée. 



Les YPG ont publié un communiqué, cité par l'AFP, confirmant que le gouvernement syrien avait envoyé des « unités militaires » à Afrin afin de « prendre position à la frontière et participer à la défense de l'unité territoriale de la Syrie et de ses frontières ». 

Les miliciens kurdes confrontés à l'opération massive « Rameau d'olivier » contre l'enclave d'Afrin déclenchée le 20 janvier dernier par Ankara, avec le concours des combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), en avaient appelé à Damas et à l'Armée arabe syrienne. Les YPG ont salué ce même jour l'arrivée des milices syriennes, affirmant que Damas avait répondu à leur appel. 


Mais, plutôt qu'un déploiement de l'armée régulière, il s'agit ici de milices, qualifiées de « forces populaires » par l'agence officielle syrienne Sana. « [Celles-ci] arrivent pour soutenir les habitants contre l'attaque du régime turc », poursuit Sana. Selon le journaliste spécialiste du conflit syrien Georges Malbrunot, ces milices seraient composées de « supplétifs syriens, irakiens ou libanais » et compteraient quelque 4 000 combattants. 

D'après Reuters qui cite la télévision syrienne, les combattants sont entrés dans Afrin au slogan de « Une Syrie unie ! ». « Nous sommes venus pour dire à notre peuple que nous sommes un », a lancé un milicien pro-Damas. 

Affrontement direct entre la Syrie et la Turquie ? 

Ce même jour, avant l'entrée des forces pro-syriennes à Afrin, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait accéléré le tempo et annoncé : « Dans les prochains jours et de façon beaucoup plus rapide, le siège du centre de la ville d'Afrin va commencer. » 


La Turquie avait clairement menacé le gouvernement syrien d'une confrontation dans le cas où elle interviendrait aux côtés des milices kurdes, elles-mêmes appuyées par les États-Unis, dans la région syrienne d'Afrin, où la situation devient chaque jour plus embrouillée et explosive. 

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu avait solennellement mis en garde les autorités syriennes le 19 février.
« Si le régime [syrien] entre dans la région d'Afrin pour la débarrasser du PKK, des YPG, il n'y a pas de problème », avait-il commencé, cité par l'agence officielle turque Anadolu, avant de poursuivre : « S'ils viennent pour protéger les YPG, alors personne ne pourra arrêter la Turquie et les soldats turcs. »
Après une première opération « Bouclier de l'Euphrate » d'août 2016 à mars 2017, la Turquie a lancé le 20 janvier 2018 celle du « Rameau d'olivier » en territoire syrien, avec le même but : contenir les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition arabo-kurde dominée par les YPG kurdes, et empêcher la formation de tout ce qui pourrait ressembler à un territoire administré par des Kurdes à sa frontière.